Une petite histoire qui fait réfléchir....

Une petite histoire qui fait réfléchir….

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Une petite histoire qui fait réfléchir…

De Sophie Martel

Depuis quelques années, il passait toujours le temps des fêtes en solitaire.  Cela ne l’avait jamais dérangé.  En vieil entêté qu’il était, il se disait qu’il valait mieux être seul et en paix que plusieurs à se chicaner.

Par contre, en cette veille de Noël, il dut finir par s’avouer que la compagnie d’autres personnes lui manquait.  Il ne pouvait empêcher la nostalgie de l’envahir.  Sa tête ne faisait plus que repasser les vieux films des Noëls de son passé.  La magie qui régnait en cette périodes de l’année lorsqu’il était enfant.  Puis les jours heureux avec sa femme, avec qui il passait des moments empreints de tendresse.  Un peu plus tard, les festivités de fin d’année étaient devenus plus joyeuses et animées, avec la venue de leurs trois enfants.  Tous ces souvenirs inoubliables, il les avait repoussés tout au fond de sa mémoire.  Il était trop occupé à vivre sa rancœur d’être ainsi abandonné par les siens, plongé dans sa mauvaise humeur sans fin.

En cet instant de solitude, la vérité le frappa en plein visage.  Cela faisait des années qu’il n’avait pas ri.  Il ne voyait plus que ce qui l’énervait ou le mettait en colère.  Il était devenu un vieux grincheux.  Oui!  Exactement comme son grand-père!  Lui qui s’était promis de ne jamais, au grand jamais, lui ressembler!  Et, comme son ancêtre, il avait fini par repousser tous ceux qui l’aimaient, tous ceux qu’il aimait, pour se retrouver face à lui-même à longueur d’année.  Il ne recevait plus que de très rares visites, le plus souvent des représentants ou des groupes religieux en recrutement, qu’il s’empressait de chasser en crachant des paroles méprisantes.

En fait, jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à cet instant de lucidité extrême, il avait toujours rendu les autres responsables de ses malheurs.  C’était la faute de sa femme s’ils avaient divorcé.  C’était la faute de ses enfants s’il ne connaissait pas ses petits-enfants.  C’était la faute de son frère si cela faisait 14 ans qu’ils ne s’étaient pas parlé.  Cela était la faute des représentants s’il était en colère.  Tout ce beau monde semblait n’avoir qu’un unique but : celui de l’énerver au plus haut point.

Ironiquement, il n’avait jamais pris conscience, avant ce jour, qu’il avait lui-même participé à son isolement.  En taisant ce qu’il ressentait réellement.  En accusant les autres de ses malheurs.  En tournant le dos à ceux qui ne comblaient pas ses attentes.  En jouant à la victime.  En n’étant à l’écoute que de ses propres souffrances, sans s’interroger sur celles des autres.  En fermant les yeux sur ses fautes.  En se retirant peu à peu dans son propre univers, triste et sans vie.  Le plus difficile dans tout ça, c’était de voir qu’il avait joué un rôle de premier plan dans cette histoire.  Et maintenant, âgé et malade, il se rendait compte qu’il avait gaspillé une partie de sa vie.  Mais une pensée fit naître un sourire sur ses lèvres.  Le premier depuis tant d’années.  Il n’était pas trop tard.  Il n’était jamais trop tard.  Son désir le plus cher était désormais de consacrer le restant de ses jours à renouer avec les siens et réparer ses torts.  Alors, il décrocha le combiné du téléphone et composa un premier numéro.

Joyeuses Fêtes!

Sophie Martel

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Sophie Martel