La déesse-Mère

La déesse-Mère

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La Déesse-Mère

Honneur à vous, Mesdames.

Contrairement à nos conceptions judéo-chrétiennes actuelles, il semble que vous ayez eu une place très importante dans de nombreuses sociétés anciennes durant la période ayant immédiatement suivi la préhistoire.

Isis, Cybèle, Perséphone, Diane, Gaïa, Vénus ou encore la Vénus de Willendorff, sont autant de mythes ou de personnages ayant mené à cette notion de Déesse-mère.

Vénus était la mère du peuple romain ; Terra Mater était celle des peuples germaniques ; Magna Déa était la grande déesse des romains ; Mahimata représentait la terre-mère dans l’hindouisme ; Umai était la déesse-mère des mongols ; autant de présences qui semblent confirmer cette prédominance dans le passé.

Plus proche de notre éducation judéo-chrétienne, certains courants pensent que la vierge Marie serait une mutation de la déesse-mère babylonienne, d’où l’enfantement mystique et la guidance vers un culte platonique. Cela se manifeste par la même présentation en Egypte de la déesse-mère portant son enfant dans les bras.

Une petite incursion dans ce passé lointain nous apporte une autre conception assez interpellante.

Dans le Zohar, « l’Alphabet de Ben Syrah », Adam fréquentait Lilith, celle-ci le trouvant dominant. Ils se sont quittés et Dieu a exaucé ses attentes en lui permettant de modeler une femme « à partir de sa côte », symbole de la dépendance et de l’infériorité de la femme par rapport à l’homme. Lilith aurait ensuite rencontré Lucifer, aussi nommé « le porteur de lumière ». Il se trouvait pour sa part en accord avec les statuts égalitaires femme/homme. Ils vécurent ensemble, reposant dans la vallée de géhenne, ce qui signifie « l’enfer » !

Ces deux personnages ont été rejetés de l’ordre patriarcal (le père du clan) pour avoir désobéis. Si l’on en croit ces textes, ils symbolisaient pourtant la complémentarité masculin/féminin, ainsi que le principe de la parfaite égalité ! Pourquoi le patriarche ne voulait-il pas que cette complémentarité vécue par Lilith et Lucifer  puisse exister et être reconnue ?

En rapport des textes Védiques, nous trouvons Gilgamesh qui serait l’initiateur de la première guerre reconnue comme telle en territoire de Sumer.

Il est utile de se souvenir que la mutation entre ce mode de déesses-mères ou de cette forme d’état matriarcal vers l’état patriarcal, se situerait vraisemblablement dans cette  période des dieux monothéistes, correspondant à l’aube des écritures de l’ancien testament et d’autres textes sacrés.

Dès cet instant, les déesses et leur descendance vont tenir les rôles de démons et de monstres dans l’histoire de Sumer. Eve va devenir la cause de tous les maux qui frapperont l’humanité dans les siècles futurs !

En quelques centaines d’années, le sens et le fonctionnement de l’organisation sociétaire humaine va basculer à travers le monde !

La déesse-mère aurait donc précédé les dieux masculins des religions abrahamiques. Elle serait entrée dans la logique de l’esprit de l’époque, organisée autour de la dimension sacrée que devait avoir « la vie » !

Culte de « mère universelle », culte de la fertilité et de la fécondité nécessaires à la pérennité de l’espèce, ce chemin semblait naturellement tracé pour les premiers temps de la société humaine.

Je pense que cet état d’esprit en rapport de la nature humaine était très proche de la notion de fertilité et de fécondité de la terre-mère nourricière.

Dans certaines sociétés indiennes, la valeur matriarcale que présente la Déesse-mère, trouve son explication dans le parallèle qu’ils perçoivent entre la terre, l’univers et la femme. Elles remarquent que « la femelle humaine est la seule créature de toute vie sur terre qui est purifiée naturellement tous les 28 jours. Elle est synchrone avec l’univers à travers son cycle lunaire ».

Ce climat semble avoir basculé dans une période comprise entre 3000 et 2500 années avant notre ère.

 

Extrait de « Femme libérée…surbookée »

Alain Fournier chez www.alfo-editions.be

Alain Fournier