Étranger chez soi

Étranger chez soi

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Étranger chez soi !

Par Alain Fournier

Un grand nombre de personnes connaissent un certain mal qu’ils appréhendent particulièrement ; la solitude !

Elle touche principalement les personnes âgées, certains de ceux qui se séparent, mais aussi un grand nombre d’individus que l’on nomme « différents ».

Il s’agit d’un dialogue fréquent lorsque des personnes se sentent ou sont regardées autrement que la norme, qu’elles paraissent différentes de la moyenne. Avant, c’était le « petit canard noir » de la famille, maintenant ce sont les personnes « indigo » et enfin les « cristaux » !

Être solitaire est un état parfois recherché et pour certain, nécessaire. Le plus difficile est de le vivre lorsque l’on ne le désire pas ou lorsque l’on ne comprend pas le sens et l’intérêt de cet état, ce qui permet alors de « meubler » cet « état solitaire » pour ne pas basculer dans la solitude et donc ne plus se sentir réellement seul.

Cet état, je le connais depuis mon enfance malgré que je sois issue d’une famille nombreuse. En effet, le solitaire étant une obligation, souvent liée à une différence, elle semble être là pour nous imposer une démarche intérieure « d’harmonie avec soi-même » ! Je connais particulièrement cet aspect de la vie et je m’en suis relativement bien accommodée.

Je me sens rarement seule avec moi-même, moi le solitaire !

Par contre, il existe une situation plus perturbante, plus interpellante, car elle ne vous met pas seul face à vous-même ni seul au milieu des autres, mais bien seules faces aux autres ; « étranger chez soi »!

Je crois que l’on peut déterminer l’état de la solitude comme une sensation de vide voire de gouffre pour les plus mal lotis.

Rien d’intéressant à faire ; aucune envie de se mettre en mouvement hors les obligations ; aucune étincelle ne semble pouvoir allumer la flamme intérieure…s’il en reste encore une se demande-t-on ?

L’étranger chez soi est par contre un vide ou une sensation de gouffre manifesté par ceux et celles qui vous entourent.

Vous semblez invisible à leurs yeux ; lorsque vous parlez, vous ne remarquez aucune réaction, aucune attention, aucune réponse ; ce que vous mettez en action, ils l’ignorent, le rejettent, le repoussent ; vous les voyez élaborer certaines choses, prendre des décisions, entreprendre des actions, sans que vous ne soyez même remarqué ; vous constatez que vos conceptions ne sont que du vent à leurs yeux, comme si elles n’existaient même pas ; vous avez le sentiment de vous déplacer comme un être désincarné qui n’est pas matériel à leurs sens !

Pourtant, c’est bien votre maison ; ce sont bien les parents et les frères ou sœurs ou encore les enfants et/ou le conjoint qui sont là occupés à dialoguer, à élaborer ou à vous ignorer !

Le vide ? Non, pas assez ! La non-existence par indifférence !

Cette notion « d’indifférence » est la pire des épreuves que l’on puisse imposer à l’être humain. Il est venu sur terre de la copulation et de la fusion d’un couple, se façonnant dans le ventre d’une mère, voulant se construire de l’amour et de la reconnaissance de deux parents, cherchant enfin à se définir de ses échanges en tous genres au sein d’une société humaine.

Initialement nourri de peurs et de faiblesses, de doutes et de réserves, il devra apprendre à s’ouvrir à la confiance, à la conscience, à la force de dépasser ses peurs et ses faiblesses, à vaincre ses doutes et ses réserves, pour pouvoir « Exister ».

Exister nécessite une opposition, des frictions, des luttes, des épreuves, des dualités, des divergences, etc.

Comment réussir à exister face à « l’indifférence » ?

Comment lutter contre « l’absence » de partenaire ?

Comment se « matérialiser » psychiquement et psychologiquement face à du vent ?

Comment élaborer ou confirmer ses perceptions ou ses comportements face au néant ?

Comment savoir ce que nul ne vous dit et en même temps dénie ?

Comment définir les valeurs en face d’un absentéisme existentiel et relationnel ?

Comment croire et se croire lorsque l’on n’a même pas une croix pour être crucifié ?

Désert psychologique, sape émotionnelle et affective, déstructuration passive, déstabilisation sociale au sein même de sa famille, déni de votre existence de la part de ceux-là mêmes qui vous ont mené à la vie ou qui la partage !

Courage ! TU EXISTES POURTANT puisque tu écris ces lignes et ces pensées !

Souviens-toi que dans toute entreprise, alors même que tu fréquentes le personnel agissant, il y a un patron. Tu es rarement reçu et en contact avec le patron, mais il existe bien, il est bien réel.

Alors, lorsqu’autour de toi se manifeste le doute voire le déni de ton existence ou de tes valeurs, penses à ce patron que pas grand monde ne voit ni ne côtoie, mais qui existe pourtant. Lui seul connaît le sens global de son entreprise et par conséquent, de ta place au sein de celle-ci. Fais-lui confiance, il ne t’a pas fait venir pour rien et il sait que tu peux lui apporter ce qu’il attend de toi ! Tu existes bel et bien !

Alain Fournier

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Alain Fournier